Klaus Barbie

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Chef de la Gestapo de Lyon
(Bad Godesberg, près de Bonn - Allemagne, 25 octobre 1913 || Lyon - France, 25 septembre 1991)

Membre du SD (service de renseignement) de la SS depuis 1935, il adhéra au parti nazi en 1937. De 1940 à 1942, avec le grade d'Obersturmführer SS, il fut nommé aux Pays‑Bas où il dirigea les rafles de juifs à Amsterdam (Pays-Bas). Après la prise en main des polices allemandes en France par Oberg (fin mai 1942), et l'invasion de la zone Sud, le 11 novembre 1942, il fut nommé chef de la section IV du Sipo SD de Lyon, section spécialement chargée de la recherche, de la répression et de la lutte contre la Résistance. À la tête de la Gestapo, qu'il dirigea jusqu'en 1944, avec le grade de Hauptsturmführer, il s'acquit le surnom de «boucher de Lyon » pour la férocité avec laquelle il dirigeait les interrogatoires. Responsable de la déportation de centaines de juifs, il fit également arrêter et torturer de nombreux résistants, dont Jean Moulin et sept autres responsables de l'armée secrète, le 21 juin 1943 à Caluire. Jusqu'au 27 août 1944, il fit régner la terreur dans toute la région lyonnaise, commandant des centaines de déportations (comme celle, le 11 août, de 650 Lyonnais dont 200 juifs) et ordonnant des exécutions collectives (Rillieu‑la‑Pape, Saint‑Genis‑Laval,…). Le triste bilan qui lui est attribué pour la seule région de Lyon est de 10 000 arrestations, 1 046 fusillés, 6 000 morts ou disparus.

Après 1945, en fuite, il fut à deux reprises (1947 et 1952) condamné à mort par contumace par des tribunaux militaires français. Réfugié en Amérique du Sud, il prit en 1957 la nationalité bolivienne sous le nom de Klaus Altman. Poursuivi en vertu du caractère imprescriptible des crimes contre l'humanité, il fit en vain l'objet de plusieurs demandes d'extradition de la part de la France et de l'Allemagne fédérale. Expulsé finalement vers la France en février 1983 par le gouvernement de H. Siles Suazo, il fut jugé par la Cour d'assises du Rhône (11 mai - 4 juillet 1987). Reconnu coupable des 17 crimes contre l'humanité qui avaient été retenus par l'accusation (tortures, exécutions sommaires, déportations — dont celle, le 6 avril 1944, de 44 enfants juifs et de 7 adultes de la maison d'enfants d'Izieu qui seront exterminés à Auschwitz —, il fut condamné, le 4 juillet 1987, à la réclusion criminelle à perpétuité. Enfermé au fort Montluc, il y mourut le 25 septembre 1991.